Se rendre au contenu

La Section Viande Bovine

La section bovine de la FDSEA 01 est une association spécialisée chargée de défendre la production bovine du département. Face aux défis économiques et sanitaires, nous nous mobilisons pour assurer l'avenir de l'élevage bovin dans l'Ain.

Rapport d'activité 2024

par Jonathan Janichon - Président de la section bovine de l'Ain

La situation du cheptel bovin en France révèle une tendance préoccupante de décapitalisation, avec une perte de 70 000 vaches en 2024, soit une diminution de 1,7 % par rapport à l’année précédente. Cette situation, bien que moins sévère que les baisses antérieures, soulève des inquiétudes quant à la souveraineté alimentaire du pays. Les viandes bovines françaises ne représentant que 75 % de la consommation totale. Les éleveurs aussi font face à des difficultés économiques, exacerbées par un manque de visibilité sur les politiques publiques et des mesures de protection jugées insuffisantes. En dix ans, le nombre d’élevages bovins a chuté de 27 %, avec une perte marquée parmi les exploitations de plus de 20 vaches. Malgré une légère reprise 2 % dans l’engraissement des jeunes bovins, la réduction continue du troupeau menace cette dynamique. Les défis sanitaires, tels que les épizooties de MHE et de FCO, aggravent la situation, avec un accès limité aux vaccins. Bien que les prix de production aient légèrement augmenté, ils restent inférieurs aux coûts de production, plaçant les éleveurs dans une situation économique difficile. 

La FNB (Fédération Nationale Bovine) appelle à des politiques publiques cohérentes pour soutenir le cheptel bovin et garantir une rémunération juste, et souligne l’importance d’une réforme des cotations pour assurer la transparence des prix. En 2024, la crise sanitaire liée à la FCO a intensifié les pertes économiques et sur les élevages, entraînant la mise en place d’un fonds d’urgence. La FNB a plaidé pour une stratégie nationale ambitieuse pour gérer les maladies animales et continue de défendre les intérêts des éleveurs face aux défis de la PAC et des accords de libre-échange. 

En somme, l’année 2024 a été marquée par des défis majeurs, mais aussi par une mobilisation de la filière pour un avenir plus durable et équitable pour l’élevage en France. La réforme de la PAC de 2023 a eu des conséquences négatives pour les élevages bovins allaitants, notamment en raison de la modification des critères de l’aide couplée et de la réduction de son budget. Le message envoyé aux éleveurs est donc défavorable. De plus, les primes annoncées pour les écorégimes ont été diminées. Les éleveurs qui atteignent les niveaux supérieurs n’ont donc pas été primés à la hauteur des annonces. C’est décevant. Cependant, suite à une forte mobilisation agricole du début d’année 2024, des assouplissements concernant la gestion des prairies dans la PAC ont été proposés par les institutions européennes, et la France les a adoptés : En 2024 et 2025, aucune région ne sera soumise à des régimes d’autorisation ou de retournement. Les exploitations avec au moins 75 % de prairies permanentes pourront labourer jusqu’à 25 % de leurs prairies sensibles, tandis que celles avec moins de 75 % devront obtenir une autorisation. Ces avancées ont été rendues possibles grâce à l’engagement des producteurs sur le terrain. Pour 2025, envisageons l’avenir positivement :

  • Les prix sur le marché de la viande continuent d’augmenter,
  • La ministre a prévu d’organiser des assises sanitaires pour une meilleure gestion et anticipation des crises,
  • Et dans l’Ain, nous avons ré-entammé un travail concret sur les mesures de recapitalisation telles que le fonds PIDA de Bov’Ain.